Guides pratiques

Vérifier qu’un acteur est autorisé : le réflexe qui évite la plupart des arnaques

Par Fabrice Pascal ·

Avant de regarder le rendement promis, il y a une question qui vient avant toutes les autres : la personne ou la société qui vous propose ce placement a-t-elle le droit de le faire ? C’est une vérification gratuite, publique, et qui prend trois minutes. Elle écarte à elle seule une grande partie des arnaques.

Les registres à consulter

Il n’existe pas un registre unique, mais quelques-uns, selon le métier de votre interlocuteur.

  • ORIAS — le registre des intermédiaires en assurance, banque et finance. C’est là que figurent les conseillers en investissements financiers.
  • REGAFI — le registre des agents financiers : banques, courtiers en ligne, prestataires de services d’investissement.
  • Les listes blanches de l’AMF — pour les prestataires sur crypto-actifs, le financement participatif et les « biens divers » (vin, forêts, conteneurs et autres placements atypiques).

Un acteur absent de ces registres n’a pas le droit de vous démarcher. La conclusion est immédiate : vous raccrochez.

Les listes noires, l’autre moitié du réflexe

L’AMF publie aussi des listes noires et mises en garde recensant les sites et sociétés qui proposent des placements sans y être autorisés. Y trouver un nom clôt la discussion.

Attention toutefois au raisonnement inverse : une absence de la liste noire ne vaut pas autorisation. Ces listes s’allongent au fil des signalements, et un site créé la semaine dernière n’y figure pas encore.

Pourquoi le registre ne suffit pas toujours

C’est le point que la plupart des articles oublient, et l’AMF y insiste dans sa foire aux questions : des escrocs se font passer pour des sociétés réellement autorisées. Ils empruntent le nom d’un acteur inscrit au REGAFI, ou s’en attribuent un très proche. La différence se joue à une lettre en plus dans le nom, ou dans l’adresse du site.

Le réflexe qui déjoue ça : ne cliquez pas sur le lien qu’on vous a envoyé. Repartez du registre officiel, et servez-vous des coordonnées qui y figurent — pas de celles reçues par courriel, par SMS ou par téléphone.

Les signaux qui doivent vous arrêter

L’AMF décrit un scénario qui revient presque toujours à l’identique :

  • un démarchage que vous n’avez pas sollicité, par quelqu’un qui se présente comme un expert ;
  • un placement présenté comme réservé à quelques privilégiés ;
  • une urgence fabriquée : « demain il sera trop tard » ;
  • une demande de virement au nom du conseiller lui-même, ou de vos coordonnées bancaires ;
  • des fautes d’orthographe, une lettre modifiée dans une adresse de courriel ou de site ;
  • un rendement élevé annoncé comme garanti.

Ce dernier point mérite d’être retenu seul, parce qu’il se suffit à lui-même : en matière de placement, rendement élevé et garantie ne vont pas ensemble. Un discours qui promet les deux décrit un produit qui n’existe pas.

À qui s’adresser en cas de doute

L’AMF tient un service public et gratuit, Épargne Info Service, joignable au 01 53 45 62 00, pour poser une question ou signaler une sollicitation suspecte — ses coordonnées et son formulaire figurent sur le site Protect Épargne. Appeler avant de verser coûte un quart d’heure. Appeler après coûte beaucoup plus.

Et ensuite

Une fois l’interlocuteur vérifié, la question redevient celle du placement lui-même : ce qu’il rapporte vraiment, une fois la durée et la fiscalité prises en compte. Nos simulateurs sont faits pour ça, et ils affichent leurs hypothèses sous chaque résultat.

Toutes les informations de cet article proviennent des sites officiels liés ci-dessus : l’Autorité des marchés financiers, l’ORIAS et le REGAFI. Les registres évoluent : consultez-les directement, ils font foi.