L’assurance-vie est souvent présentée comme un placement « à fiscalité avantageuse ». L’avantage existe, mais il ne tombe pas d’un coup : il dépend du moment où vous récupérez votre argent, et d’un seuil de huit ans. Voici ce que dit l’administration fiscale, page par page.
L’impôt ne se déclenche qu’au rachat
Tant que vous ne retirez rien, les intérêts et les plus-values de votre contrat ne sont pas imposés à l’impôt sur le revenu. La page « L’assurance-vie et le PEA » d’impots.gouv.fr le formule ainsi : « Tant que vous n’effectuez aucun rachat pendant la durée de votre contrat d’assurance-vie, vos gains ne sont pas imposés à l’impôt sur le revenu. » L’imposition intervient uniquement quand vous faites un rachat, partiel ou total, et elle ne porte que sur la part de gains comprise dans la somme retirée.
Avant 8 ans
Pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, la fiche « Comment sont imposés les revenus d’un contrat d’assurance-vie ? » de service-public.fr décrit un prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % appliqué lors du rachat, puis régularisé à la déclaration de revenus. Vous pouvez aussi opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu si c’est plus favorable. Les prélèvements sociaux, eux, sont dus dans tous les cas.
Après 8 ans : l’abattement annuel
À partir de huit ans de détention, deux choses changent. Le taux d’imposition des gains passe à 7,5 %. Et surtout, impots.gouv.fr indique que les produits sont imposés « après application d’un abattement annuel de 4 600 € (célibataires, veufs ou divorcés) ou de 9 200 € » pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Autrement dit, chaque année, la part de gains rachetée qui reste sous ce plafond échappe à l’impôt sur le revenu. C’est cet abattement qui fait l’intérêt du contrat ancien : il se renouvelle à chaque année civile.
Le seuil de 150 000 euros
Le taux réduit de 7,5 % ne s’applique pas sans limite. D’après impots.gouv.fr, « lorsque le montant des primes versées sur l’ensemble des contrats détenus par le bénéficiaire excède 150 000 € », la fraction des gains correspondant aux versements au-delà de ce seuil reste taxée à 12,8 %, même après huit ans. Ce plafond se calcule sur les sommes versées, tous contrats confondus, et non sur la valeur atteinte.
Les prélèvements sociaux
Ils s’ajoutent à l’impôt sur le revenu, quelle que soit l’ancienneté du contrat. La page d’impots.gouv.fr indique un taux global de 17,2 % sur les revenus versés en 2025, porté à 18,6 % à compter du 1er janvier 2026. Ces taux sont fixés par la loi de financement de la Sécurité sociale et peuvent évoluer d’une année à l’autre ; leur composition est détaillée sur service-public.fr.
Les rachats exonérés d’impôt
Certains événements permettent un rachat exonéré d’impôt sur le revenu, même avant huit ans. La fiche service-public.fr cite le licenciement, la mise à la retraite anticipée, l’invalidité de 2e ou 3e catégorie et la liquidation judiciaire, que la situation concerne le titulaire du contrat ou son conjoint marié ou partenaire de PACS. Le rachat doit en général intervenir avant la fin de l’année qui suit l’événement. Les prélèvements sociaux restent dus.
En cas de décès : c’est l’âge, pas la durée
Quand le contrat se dénoue par le décès de l’assuré, la règle ne dépend plus de l’ancienneté du contrat mais de l’âge auquel les primes ont été versées. Pour les primes versées avant 70 ans, la page d’impots.gouv.fr sur le décès décrit « un prélèvement de 20 % sur la part recueillie par le bénéficiaire qui est supérieure à 152 500 € ». Pour les primes versées après 70 ans, seule la fraction supérieure à 30 500 € est soumise aux droits de succession. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont exonérés.
Ce qu’il faut retenir
L’assurance-vie récompense la durée par un abattement annuel qui se déclenche à huit ans, mais l’impôt ne concerne que la part de gains effectivement rachetée, et les prélèvements sociaux s’appliquent toujours. Avant d’arbitrer entre laisser courir un contrat et le racheter, il est utile de chiffrer ce que le placement rapporte vraiment, une fois la durée et la fiscalité prises en compte. Nos simulateurs affichent leurs hypothèses sous chaque résultat.
Toutes les informations de cet article proviennent des sites officiels liés ci-dessus : l’administration fiscale (impots.gouv.fr) et service-public.fr. Les taux, seuils et abattements sont fixés par la réglementation et évoluent : vérifiez-les directement sur ces pages, elles font foi.
