Le plan d’épargne en actions (PEA) est un compte destiné à investir en bourse, assorti d’un avantage fiscal qui ne se déclenche qu’avec le temps. Avant d’en ouvrir un, trois points méritent d’être regardés : qui peut le souscrire, combien on peut y verser, et ce que change la durée de détention. Tout ce qui suit provient des sites de l’administration.
Qui peut ouvrir un PEA
D’après service-public.fr, il faut être une personne physique majeure et avoir son domicile fiscal en France. Il n’y a pas de condition de nationalité. On ne peut détenir qu’un seul PEA par personne ; un couple marié ou pacsé peut donc en ouvrir deux, un par conjoint.
La date d’ouverture du plan est celle de votre premier versement. Cette date compte : c’est d’elle que part le délai de cinq ans qui conditionne l’avantage fiscal.
Un cas particulier existe pour les jeunes majeurs encore rattachés au foyer fiscal de leurs parents : ils peuvent ouvrir un PEA dont les versements sont plafonnés à 20 000 € tant que dure le rattachement. Le plan devient un PEA classique lorsque le rattachement prend fin.
Ce qu’on peut y verser
Le plafond du PEA classique est fixé à 150 000 €. Il existe aussi un PEA-PME-ETI, tourné vers le financement des petites et moyennes entreprises, dont le plafond est de 225 000 €. Les deux se cumulent, mais le total versé sur l’ensemble ne peut pas dépasser 225 000 € (source : service-public.fr).
Ce plafond porte sur les sommes que vous versez, pas sur la valeur atteinte par le plan. Si vos placements progressent, la valeur du PEA peut dépasser 150 000 € sans que cela pose de difficulté : ce sont les versements qui sont limités, pas les gains.
Ce que change la durée de détention
L’imposition d’un PEA dépend du moment où vous retirez de l’argent. La page « Comment sont imposés les revenus d’un PEA ? » de service-public.fr distingue trois situations.
- Tant que vous ne retirez rien : les dividendes et les plus-values ne sont pas imposés à l’impôt sur le revenu, à condition de rester dans le plan. Les prélèvements sociaux restent dus.
- Retrait avant 5 ans : le gain net réalisé depuis l’ouverture est imposé au taux de 12,8 % (sauf option pour le barème progressif), auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux. Et le retrait entraîne en principe la clôture du plan.
- Retrait après 5 ans : les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux restent dus. Un retrait partiel n’entraîne plus la clôture : le plan continue et vous pouvez encore y verser.
Sur les prélèvements sociaux, la page de l’administration fiscale consacrée aux retraits de PEA indique un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % avant cinq ans, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Ce taux de 18,6 % correspond au relèvement de la CSG appliqué depuis les revenus 2025, décrit sur service-public.fr. Les taux sociaux sont fixés par la loi et peuvent évoluer d’une année à l’autre.
Retrait anticipé sans clôture
Avant cinq ans, quelques situations permettent de retirer sans fermer le plan : licenciement, invalidité de 2e ou 3e catégorie, ou mise à la retraite, que ce soit celle du titulaire ou celle de son conjoint marié ou pacsé. Par ailleurs, le retrait anticipé est exonéré d’impôt sur le revenu en cas de décès du titulaire, ou lorsque les sommes servent à créer ou reprendre une entreprise, sous conditions (source : service-public.fr ; détail technique : BOFiP).
Ce qu’il faut retenir
Le PEA récompense la durée : son avantage fiscal se construit sur cinq ans au moins, et un retrait prématuré peut faire tomber le plan. Avant d’ouvrir, il est utile de chiffrer ce qu’un placement rapporte vraiment, une fois la durée et la fiscalité prises en compte. Nos simulateurs affichent leurs hypothèses sous chaque résultat.
Toutes les informations de cet article proviennent des sites officiels liés ci-dessus : service-public.fr, l’administration fiscale (impots.gouv.fr) et le Bulletin officiel des finances publiques. Les plafonds et les taux sont fixés par la réglementation et évoluent : vérifiez-les directement sur ces pages, elles font foi.
